À Saint-Martin-Osmonville, la demande pour des infrastructures cyclables s’accroît, portée par l’essor du vélo comme mode de transport quotidien et de loisir.
  • Le village ne dispose actuellement d’aucune piste cyclable dédiée, mais connaît un intérêt croissant pour la mobilité douce.
  • Plusieurs dynamiques locales et régionales encouragent l’amélioration des déplacements à vélo, notamment via les axes départementaux.
  • Des études, pilotées par la commune et l’intercommunalité, sont en cours pour évaluer la faisabilité de liaisons douces, en lien avec la politique régionale normande.
  • Les freins à surmonter portent surtout sur la sécurité, la topographie et le financement.
  • L’engagement citoyen émerge autour de cette question, témoignant d’une volonté de rendre la commune plus accessible et plus écologique.
Le point sur l’état d’avancement, les perspectives concrètes et les enjeux humains autour d’une meilleure place pour le vélo à Saint-Martin-Osmonville.

Un constat partagé : l’absence de pistes cyclables structurées

La commune de Saint-Martin-Osmonville, malgré sa situation stratégique entre Auffay, Neufchâtel-en-Bray et la vallée de la Varenne, ne possède aujourd’hui aucune infrastructure cyclable sécurisée. Seuls quelques chemins agricoles ou routes à faible fréquentation offrent, de façon indirecte, des possibilités de circuler à vélo, surtout pour un usage de loisir.

Ce déficit d’aménagement n’est pas propre à Saint-Martin-Osmonville. D’après le dernier dossier de l’INSEE sur l’offre cyclable en zone rurale (2021), moins de 15% des communes de moins de 2 000 habitants en Normandie sont dotées de pistes cyclables continues. En Seine-Maritime, les projets se concentrent souvent sur les pôles urbains et les grands axes touristiques. Source : INSEE, Dossier sur la mobilité rurale, 2021

  • Absence de pistes ou bandes cyclables sur la D151 (axe de traversée du village), malgré un trafic régulier.
  • La voie verte "Avenue Verte London-Paris", grande artère cycliste régionale, passe à plusieurs kilomètres de la commune.
  • Parcours cyclotouristiques balisés uniquement sur des boucles départementales, sans équipements dédiés localement.

Dans ce contexte, la circulation à vélo demeure saisonnière et marginale, souvent réservée aux enfants ou aux sportifs aguerris.

L’émergence d’une dynamique incitative

Depuis plusieurs années, la mobilité douce s’impose dans les débats publics sous l’impulsion de directives locales, nationales et européennes. La Région Normandie, dans le cadre de son Plan Vélo (adopté en 2020), encourage la création d’itinéraires cyclables sécurisés, en priorité sur les territoires ruraux pour désenclaver les bourgs. Ce plan cible notamment la Seine-Maritime, via son schéma départemental des modes doux.

  • Plan Vélo Normandie : 35 millions d’euros alloués entre 2020 et 2025, accompagnant les collectivités souhaitant concevoir des aménagements cyclables (source : Région Normandie).
  • Intercommunalité Bray Eawy : Mise en place d’un "comité mobilité" en 2022 pour recenser les attentes sur l’ensemble du territoire (source : Communauté Bray Eawy).

Concrètement, ces orientations se traduisent par le lancement d’études de circulation et de concertation au niveau local. À Saint-Martin-Osmonville, le sujet est remonté à plusieurs reprises en conseil municipal, notamment en octobre 2023, alors qu’une dizaine de riverains avaient demandé l’intégration d’un axe cyclable le long de la D151. La municipalité a alors mandaté l’intercommunalité pour réaliser une première enquête de terrain auprès des habitants.

Où en sont les projets réellement étudiés à Saint-Martin-Osmonville ?

À ce jour (printemps 2024), il n’existe pas de projet de piste cyclable inscrit officiellement au budget ou au plan pluriannuel d’investissement communal. Toutefois, plusieurs pistes de réflexion sont engagées :

  • Liaison douce village-gare SNCF : La gare d’Osmonville (ligne Rouen – Amiens) se trouve à 2 km du centre-bourg. Une étude de faisabilité de parcours protégé, susceptible de relier la zone résidentielle et la gare, est à l’étude depuis début 2024 (pilotée par la Communauté de communes Bray Eawy).
  • Liaison vers la Voie Verte de la Varenne : Les élus examinent la possibilité de desservir la Voie Verte Varenne via des chemins agricoles existants, en concertation avec les exploitants locaux. Le but serait d’éviter la D38, réputée dangereuse pour les cycles.
  • Sécurisation de la traversée du bourg : Plusieurs parents d’élèves et associations proposent l’installation d’une bande cyclable visible sur la D151, au moins aux abords de l’école et du stade. Une demande transmise au Département, sans avancée à ce jour (source : Compte rendu conseil municipal, automne 2023).

Dans tous les cas, les enjeux de sécurisation et de cohérence avec les axes plus larges restent déterminants. Aucun calendrier précis n’a été annoncé.

Freins et points de vigilance autour du développement cyclable

Si la volonté d’avancer existe, plusieurs freins subsistent dans un village comme Saint-Martin-Osmonville :

  1. La sécurité routière : Les routes principales sont étroites, certains automobilistes peu enclins à partager la chaussée. L’accidentologie, même peu élevée, demeure un facteur de réticence majeure, notamment pour les parents.
  2. La topographie : Le relief du secteur (vallées, coteaux, routes sinueuses) n’incite pas toujours à la pratique du vélo pour les moins aguerris, sauf avec l’essor récent du vélo à assistance électrique.
  3. Le financement : Réaliser une piste cyclable dédiée représente un investissement considérable pour le budget communal (coût moyen : 350 000 € le kilomètre selon l’ADEME ADEME 2022), même partiellement subventionné.
  4. L’articulation avec les territoires : Un projet de piste cyclable prend tout son sens relié à un schéma intercommunal, pour éviter les “voies cyclables en impasse”. Le dialogue est primordial avec les communes voisines, parfois à des rythmes différents.

L’engagement citoyen : une mobilisation qui progresse

Si les initiatives institutionnelles avancent prudemment, l’appétit pour le vélo se traduit aussi localement par des formes d’engagement associatif. Courant 2023, un petit collectif d’habitants s’est constitué pour promouvoir les mobilités douces dans le village. Leur mot d’ordre : “un Osmonville à deux roues, accessible à tous”.

  • Recensement participatif : Près de 70 réponses déposées sur le registre de concertation ouvert en mairie entre mai et juin 2023, proposant itinéraires, priorités de sécurité, points noirs à traiter.
  • Initiatives pédagogiques : Organisation d’une "journée du vélo" à l’école primaire, avec prêt gracieusement de remorques et casques, pour sensibiliser plus jeunes et familles.
  • Dialogue avec les agriculteurs : Débuts de discussions encourageantes pour rendre carrossables certains chemins ruraux (sous réserve d’accords et d’entretien pérenne).

Si l’échelle des actions reste parfois modeste, la dynamique est là, témoignage d’un attachement à une mobilité plus douce et partagée.

Perspectives : vers un village plus cyclable ?

Le futur du vélo à Saint-Martin-Osmonville dépend aujourd’hui de la convergence de plusieurs forces : appui des politiques régionales et départementales, engagement des habitants, mais aussi adaptation concrète à la réalité rurale du territoire. Si aucun chantier de piste cyclable n’est encore lancé, la volonté de bâtir des liaisons plus sûres n’a jamais été aussi affirmée. Reste à franchir le pas, à poursuivre les études, à négocier, à trouver un équilibre entre réalisme et ambition.

La mobilité douce, loin d’être un luxe de ville, devient progressivement une attente du monde rural, transformant peu à peu la physionomie et les usages du village. Un enjeu à suivre, au fil des saisons et au rythme des habitants qui le vivront au quotidien.

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