Dans le bocage normand, la question des transports publics est un enjeu quotidien pour nombre d’habitants de Saint-Martin-Osmonville et des alentours. Voici, en quelques points-clés, la réalité actuelle pour quiconque souhaite rejoindre, quitter ou traverser Saint-Martin-Osmonville en bus :
  • Le village est desservi de façon partielle et indirecte par le réseau régional Nomad Car (ex-TER Bus), principalement à travers les itinéraires scolaires et quelques services ouverts à tous.
  • Aucune ligne urbaine ou interurbaine dédiée ne relie en continu Saint-Martin-Osmonville aux pôles voisins (Neufchâtel-en-Bray, Forges-les-Eaux, Buchy, Rouen), la correspondance se fait souvent à la gare de Serqueux ou via d’autres modalités personnalisées.
  • Les horaires sont restreints, surtout en dehors des périodes scolaires, ce qui limite l’usage du bus pour le travail, les démarches ou la vie sociale.
  • Des alternatives existent, dont le transport à la demande (TAD) et le covoiturage, mais leur accessibilité n’est pas toujours évidente pour tous.
  • L’information et la transparence sur les offres de transport restent des défis, tout comme l’adaptation aux besoins réels des habitants.

Le réseau Nomad Car : la colonne vertébrale régionale (et ses limites locales)

En matière de transports collectifs, la région Normandie a réorganisé le réseau de cars interurbains depuis 2020 sous l’appellation “Nomad Car” (anciennement Bus Verts et TER Bus). Ce maillage vise à couvrir les déplacements hors des grandes agglomérations, en reliant les communes rurales aux pôles d’activité ou de services.

Pour Saint-Martin-Osmonville, la situation est néanmoins particulière : il n’existe pas, à ce jour, de ligne régulière avec un cadencement adapté reliant le village, par exemple, à Neufchâtel-en-Bray ou à Buchy. On recense pourtant plusieurs offres auxquelles peuvent accéder les habitants :

  • Lignes scolaires : Ouvertes en priorité aux élèves, elles relient Saint-Martin-Osmonville aux collèges et lycées de Neufchâtel-en-Bray, Forges-les-Eaux, Gournay-en-Bray. En période scolaire, il est parfois possible de monter dans ces cars en dehors du cadre strictement scolaire, mais les places sont limitées (source : Région Normandie - Nomad).
  • Services sur réservation (“à la demande”) : Certaines dessertes ponctuelles existent les jours de marché ou pour des besoins médicaux, principalement en direction de Neufchâtel-en-Bray ou Buchy, après inscription préalable auprès du réseau Nomad Car.

Il faut noter qu’aucune ligne quotidienne à usage universel n’est actuellement en service entre Saint-Martin-Osmonville et les communes voisines. Le passage d’un bus reste donc un évènement plutôt qu’une habitude accessible à tous.

Horaires et fréquences : sobriété assumée

Le principal frein à l’usage du bus à Saint-Martin-Osmonville reste la question des horaires, surtout en dehors des heures de début ou de fin de journée marquant la vie scolaire. La quasi-totalité des cars Nomad Car traverse la commune entre 6 h 45 et 8 h 30, puis entre 16 h 30 et 18 h, avec des passages parfois uniques ou biquotidiens. En dehors de ces créneaux, il n’existe rien d’automatique.

Voici, à titre d’exemple, un relevé typique (printemps 2024, source : Nomad Car - Région Normandie) :

Ligne / Destination Lundi-Vendredi Mercredi Samedi-Dimanche
Saint-Martin-Osmonville → Neufchâtel-en-Bray (collège/lycée) 1 départ matin / 1 retour soir Horaires aménagés selon emplois du temps Pas de service
Saint-Martin-Osmonville → Buchy À la demande / jours de marché sur réservation À la demande Pas de service

Cette parcimonie s’explique : les flux de population restent modestes, ce qui ne justifie pas aux yeux des financeurs publics des lignes à haute fréquence. Cependant, cette organisation interroge : elle limite l’autonomie des personnes sans voiture, qu’il s’agisse de jeunes, de personnes âgées, ou de familles modestes.

Transports alternatifs : entre débrouille et solidarité

Devant le faible maillage en bus « classique », la vie locale s’est structurée autour d’autres habitudes. Parmi les solutions, deux principales ressortent :

  • Le transport à la demande (TAD) : Mis en place par la Région Normandie, le TAD complète le réseau Nomad. Il suffit de réserver un trajet la veille auprès d’une centrale téléphonique (09 70 83 00 14) ou en ligne (nomad.normandie.fr). Cette solution dessert les destinations majeures comme les gares de Serqueux ou de Buchy, ainsi que Neufchâtel-en-Bray ou Forges-les-Eaux à certaines conditions.
  • Le covoiturage organisé ou spontané : Face au manque de régularité du bus, le covoiturage (informel ou via des plateformes comme blablacar.fr ou covoiturage76.fr) est une pratique répandue. Des points de rendez-vous sont tolérés à l’entrée du village ou sur les parkings des écoles.

Malgré leur dynamisme, ces alternatives demandent une bonne organisation et ne conviennent pas à tous : personnes isolées, à mobilité réduite, ou sans accès à Internet peuvent se heurter à l’opacité des démarches ou à la rareté des offres.

Focus sur les gares et les liaisons ferroviaires alentour

La position centrale de Saint-Martin-Osmonville incite souvent à penser “train” plutôt que “bus”. La gare de Serqueux, à une dizaine de kilomètres, concentrant les liaisons ferroviaires vers Rouen, Amiens, Paris via la ligne Rouen-Amiens–Lille, est le premier relais de mobilité pour bon nombre d’habitants (source : SNCF).

S’y rendre reste cependant un défi sans voiture : aucun bus de type “Nomad Car” ne dessert directement la gare de Serqueux depuis Saint-Martin-Osmonville. Il faut donc recourir à un taxi, un covoiturage, ou compter sur le TAD aux horaires limités.

Expériences, attentes et démarches pour une mobilité rurale plus fluide

Interroger les habitants de Saint-Martin-Osmonville, c’est récolter mille récits—celui de la mobilité “système D”, des parents devenus chauffeurs, des voisins solidaires. À ce jour, la demande reste vive pour un meilleur accès au transport collectif, pour permettre l’autonomie des adolescents, lutter contre l’isolement des personnes âgées ou simplement offrir des options aux foyers sans deux véhicules.

Les associations locales, tout comme plusieurs élus municipaux, relaient régulièrement ces besoins auprès des instances départementales et régionales. La Région Normandie, dans le cadre de ses “Assises régionales de la mobilité” ou via la plateforme normandie.fr, invite ainsi chaque citoyen à exprimer ses besoins ou à soumettre des propositions. Ce canal s’avère être l’un des rares outils pour réclamer une amélioration ou l’adaptation locale du service.

Perspectives et ouvertures : vers quelles évolutions possibles ?

Le contexte national l’indique : la mobilité rurale constitue un enjeu de société. La France compte plus de 21 000 communes rurales (source : INSEE). La question de l’accès équitable aux transports publics ne sera pas résolue du jour au lendemain, mais des pistes émergent :

  • L’extension progressive du TAD, avec une réservation plus souple et des fréquences étendues.
  • Des expérimentations en “autopartage rural” ou micro-navettes communautaires, déjà testées dans d’autres territoires du Pays de Bray.
  • Un soutien accru aux mobilités douces : vélo à assistance, prêt de vélos électriques, solutions pour relier plus aisément les gares.
  • La création d’une application mobile locale pour croiser les offres de TAD, de covoiturage, et les horaires scolaires.

Actuellement, aucune offre de bus public régulière, à large plage horaire, ne dessert Saint-Martin-Osmonville et ses voisines. Seul le système scolaire et, ponctuellement, les transports à la demande offrent une passerelle vers l’extérieur. La réalité impose la prudence, mais aussi l’inventivité et le dialogue entre habitants, associations, élus et Région pour repenser, demain, la mobilité rurale.

Pour toutes questions pratiques, il convient de consulter les sources officielles : - Site officiel Nomad Car Normandie - Assises de la mobilité en Normandie - Contacts voisins, mairie, et relais associatifs pour signaler un besoin ou participer aux actions collectives.

Saint-Martin-Osmonville, si paisible soit-elle, reste ouverte à toutes celles et ceux qui souhaitent rendre la campagne toujours plus accessible, humaine et solidaire.

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